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Un article dans  une "feuille de chou" locale me donne l'occasion de me pencher quelque peu sur l'économie du pays, telle qu'elle se présente aujourd'hui.

 

Constatons tout d'abord que, en contraste avec l'état déliquescent des économies occidentales notamment et face au ralentissement économique mondial, le pays fait preuve d'une santé presque insolente, qui ferait pâlir de jalousie bon nombre de dirigeants européens. Il faut dire cependant que l'archipel vient de loin et que l'élection du Président Ninoy Aquino a constitué un tournant capital dans son développement, de par la lutte acharnée qu'il a entreprise contre la corruption.

 

Dans son dernier rapport, le FMI (Fond Monétaire International) a légèrement diminué ses prévisions de croissance pour l'année 2013 en les ramenant à 6,75% (-0,25% par rapport aux 7% estimés en juillet), mais avec un encore solide 6% (inchangé) pour l'an prochain. Estimation en droite ligne, pour 2013, avec celles du gouvernement qui envisageait une fourchette de 6 à 7%. Le pays fait ainsi mieux que pratiquement tous les pays de la planète, même la Chine si l'on considère ses chiffres réels plutôt que ceux, gonflés, mis en avant par les autorités de ce pays.

 

Toujours selon le FMI, ce sont les consommations soutenues, tant privée que publique, qui sont à la base de ces excellents chiffres.

 

Les Philippines se trouvent de ce fait en bonne position pour faire face à tous reflux de capitaux lorsque la FED étasunienne décidera de mettre un frein à ses QE. "Lorsque le tapering se mettra finalement en place, les fondamentaux philippins solides ... permettront à son économie de s'adapter en souplesse et d'accompagner les flux de capitaux sortants et le ralentissement de la croissance régionale", ont déclaré les membres de l'Institution, lors d'une visite à Manille la semaine dernière.

 

Dans le domaine des marchés financiers, on note par ailleurs un recul de la valeur du peso d'environ 5% sur l'année en cours, conséquence de l'anticipation de l'annonce que devait faire Monsieur BERNANKE, en ce mois de septembre, d'un ralentissement des QE américains. La Bourse de Manille a par contre bien résisté, avec une croissance tournant actuellement vers les 11%, rattrapant les lourdes pertes des mois passés et la plaçant en deuxième position des bourses du Sud-Est asiatique, derrière celle du Vietnam.

 

Sur le terrain de l'inflation, il faut s'attendre à une augmentation graduelle. En cause, la faiblesse du peso et la pression d'une demande soutenue de la part des consommateurs. Elle devrait toutefois rester en 2013 dans la fourchette de 3 à 5% estimée par la Banque Centrale, dit le FMI.

 

Pour l'avenir, le FMI considère que les Philippines devraient continuer à jouir d'un compte courant et d'une balance des paiements excédentaires, étayés par les envois de fonds des travailleurs philippins d'outremer et les recettes du secteur de l'externalisation (call centers ...). Toutefois, la croissance demeure exposée, notamment à cause de la difficulté que peut représenter la gestion des liquidités domestiques. "Absorber les importantes liquidités dans des secteurs productifs peut s'avérer un vrai challenge. Une partie des liquidités pourrait alimenter la demande immobilière, potentiellement avec un fort effet procyclique sur l'économie, mais avec certains risques connexes sur la stabilité financière".

 

Pour compléter cet article, voici encore quelques chiffres.

 

La population du pays est actuellement estimée à environ 97 millions d'habitants et augmenterait annuellement d'environ 2%, ce qui en fait une des plus fortes croissances de la planète. Phénomène qui s'explique par une politique de planification familiale balbutiante, battue en brèche par une Eglise Catholique toute puissante.

 

Une des nourritures de base des habitants est, comme on s'en doute et de plus en plus, le riz. En 2012, l'archipel est parvenu à assurer son autosuffisance dans ce domaine à 98% et les excellentes récoltes de 2013 laissent prévoir qu'elle sera assurée à 100% cette année. Mais l'augmentation constante de population et la consommation annuelle de plus en plus importante par habitant laissent prévoir des difficultés récurrentes en la matière pour l'avenir, surtout si les récoltes sont médiocres, voire mauvaises.

 

J'ai enfin noté que la dette publique atteignait, en 2012, 50,6% du PIB. Si, en pourcentage, cette dette est en constante décrue depuis 2004, année où elle représentait 74,2% du PIB, il faut quand même noter qu'en valeur absolue, le montant total a continué à croitre. Fort heureusement, 65% de cette dette est détenue par des créanciers nationaux, ce qui l'expose d'autant moins aux risques de change.

 

 

Récemment, la compagnie aérienne Philippine Airlines a récupéré son autorisation de voler dans les cieux européens. Le Gouvernement espère en tirer un avantage non négligeable pour attirer de nouveaux touristes étrangers dans le pays. La cible en la matière pour 2013 est de 5,5 millions de visiteurs internationaux et de 6,8 millions (+24%) en 2014. A cette fin, le Président a mis la pression sur le Secrétaire au Tourisme pour qu'il relève ce défi.  En 2016, ce ne sont pas moins de 10 millions de touristes étrangers qui sont espérés. Les cinq premiers mois de 2013 ont dépassé les attentes avec plus de 2 millions de visiteurs internationaux. Je remarque cependant, à titre personnel, qu'il reste d'immenses efforts à réaliser dans les domaines de la publicité, de l'accueil et surtout des infrastructures des sites à visiter pour permettre le développement d'un tourisme, sinon de masse, du moins relativement abondant. Il faut aussi que les prix restent raisonnables et sous contrôle dans l'hôtellerie et la restauration.

Tag(s) : #Economie et finances
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